Environ deux semaines avant que ce texte s’écrive au travers moi, j’ai ressenti le temps… Loufoque croirez-vous, voire complètement insensé, et pourtant! Il semblait là à mes côtés, attendant pour me parler. Je le « regardais » tournoyer, me demandant bien ce qui se passerait, car jamais ces choses-là je ne les ressentais pour rien.

Il m’a soufflé des mots ici et là, que je ne comprenais pas. C’est après avoir reçu un appel cet après-midi-là que tout est devenu tellement clair pour moi. Le temps m’avait invité à valser tant de fois, mais toujours par peur je n’avais osé prendre son bras.

Cet appel d’un ami m’avait exaspéré. Encore une fois, sa parole il n’avait su respecter. Tant de fois il m’a dit « Je t’appelle demain » ou « Je t’envoie ça à mon retour à la maison« , mais devinez un peu… Jamais rien, que de la frustration. Puis je me suis rappelé que quand on pointe du doigt, trois doigts pointent vers soi. Qu’est-ce que cette situation avait à m’apprendre? Était-ce le temps, qui tentait de me faire comprendre?

Tout était devenu clair. Comment n’avais-je pas pu le voir avant? Clairement, j’avais oublié avoir déjà valsé avec le temps. Ce qui m’a frappé ce jour-là était mon manque d’engagement, ma peur de déposer le pied dans la danse du temps.

Je vous invite à lire ce qu’il m’a partagé, juste avant de se remettre à tournoyer.

Je ne sens plus sa présence à mes côtés depuis, mais je sais qu’il est toujours là. Il l’a toujours été, le sera toujours, et ainsi suis-je en mesure de voir son éternité maintenant.


Valse avec moi, je suis le temps

Que fais-tu chère enfant,
À attendre là si timidement?
Pourquoi ne prends-tu pas mon bras,
Pour venir valser avec moi?

Nous nous amusions tant autrefois,
Quand tu chantais, dansais et jouais avec moi.
Ces moments semblaient sans fin,
Tu étais simplement là, à ne te soucier de rien.

Tu as fini par oublier,
Que je suis l’éternité.
Que je suis présent à chaque instant,
Dans une fraction de seconde comme dans 1 000 ans.

Pourquoi t’es-tu mise à m’ignorer?
Pour emboîter le pas de cette course effrénée?
N’avais-tu pas envie d’ouvrir les bras?
Pour venir valser avec moi?

Je ne suis ni chiffres ni cadrans,
Mais l’espace infini qu’on appelle « temps ».
J’existe dans l’ici et le maintenant,
Dans tout ce qui t’échappe quand tu rames à contre-courant.

Je te croise parfois,
Quand tu reviens vers toi.
Quand tu ralentis la cadence pour observer,
Je sais que tu peux y voir l’éternité.

Je te regarde aller chère enfant,
Tu cours après cette image que tu as du temps.
Elle n’est pourtant qu’une vision erronée,
Car en elle je n’ai jamais existé.

Et si je te disais que moi, le temps,
Je n’étais seulement que le moment présent…
Accepterais-tu comme autrefois,
De venir jouer avec moi?

N’as-tu donc aucune idée,
De tout ce que nous pourrions cocréer?
Ne vois-tu pas bien au-delà,
De ce qui est là devant toi?

Je suis toujours avec toi chère enfant,
T’accompagnant silencieusement.
Attrape mon bras et ferme les yeux.
Je te ferai voir ce monde si merveilleux.

N’as-tu pas as envie de tournoyer,
Sans presser le pas, déposant seulement le pied?
Cesse de craindre et viens valser,
Je suis le temps, ton cavalier.