Catégorie : Expériences

Feux, magie et gastronomie

Ce 1er juillet était une journée comme les autres, mis à part le fait que c’était l’anniversaire de cet homme que j’aime de tout mon cœur, mon amoureux. Tout était doux, calme, serein. Une magie scintillait dans l’air, imperceptible à l’œil nu. Elle ne pouvait qu’être ressentie.

La vie nous avait fait cadeau ce soir-là, d’invitations VIP pour l’ouverture de l’International des Feux Loto-Québec de La Ronde. Ces explosions d’étincelles colorées mettaient en lumière le 375e anniversaire de la ville de Montréal. Plus qu’un simple spectacle pour les yeux, on parlait de cette soirée comme d’une « expérience feux et fine cuisine », dont la partie gastronomique était assurée par nul autre que le réputé Jérôme Ferrer, grand chef Relais et Châteaux de renommée internationale, du restaurant Europea.

OK STOP!

Ceux qui me suivent ou me connaissent savent très bien que je suis une princesse dans l’âme. Pas une fifille pincée qui se prend pour une autre. Non, non! Juste une femme qui a encore son cœur d’enfant, qui est complètement dingue des robes, de la gastronomie, de la beauté de ce monde sous toutes ses formes et qui rêve de visiter tous les châteaux de la terre.

J’ai vécu, disons, plusieurs synchronicités récemment en lien avec des châteaux justement. Vous pourrez sans doute vous imaginer ma stupéfaction, quand j’ai vu sur les billets, deux jours avant l’événement (sur lequel je ne m’étais pas vraiment renseignée puisque j’avais simplement dit OUI, suivant l’impulsion de mon coeur), les logos de Relais et Châteaux, Europea, ainsi que Les Grandes tables du monde.  C’était pour moi là, un beau clin d’œil de la vie.

J’avais revêtu cette nouvelle robe satinée en cette journée chaude et humide, rouge comme le vin qui, malgré sa simplicité et sa légèreté, avait allumé la flamme féminine en moi. Je me sentais comme une princesse, qui aurait pu tant valser, que gambader pieds nus dans les champs. Un bien-être aussi grand que paisible m’habitait. J’irais même jusqu’à le nommer, la plénitude. J’avais l’impression que peu importe où je me serais trouvée et avec qui, j’aurais été bien.

Je redoutais toutefois un peu ce que je qualifie de superficialité, que recèlent souvent ces événements mondains, réservés à une catégorie spécifique de gens triés disons, sur le volet ou état leurs invités.

Il n’y a pas si longtemps, je ne me serais pas permis « d’être  moi ». J’aurais voulu m’adapter aux gens qui m’entouraient, en laissant de côté qui j’étais, n’ayant aucunement conscience que « qui j’étais » était bien suffisant. Plus j’accueille qui je suis réellement, moins je ressens le besoin de m’identifier ou me comparer à qui que ce soit, ni à me conformer de quelque manière que ce soit. Ce soir-là, c’est cette magie que j’ai accueillie en moi, qui a explosé comme des feux d’artifice, me faisant vivre une expérience dont je me souviendrai toute ma vie.

Nous n’avions même pas mis le pied sur la première marche de l’escalier qui menait au belvédère de La Marina, que des sourires radieux et authentiques nous avaient déjà accueillis. L’air était chargé d’humidité, le vin rosé rafraîchissant et les bouchées délectables. Encore une fois, les sourires que je voyais sur les visages des serveurs et hôtes accentuaient ce bonheur intérieur que je vivais. Ils semblaient tous heureux de se retrouver, presque comme s’ils étaient des amis, pour certains. Et moi, je me sentais amoureuse plus que jamais.

Plus la terrasse se remplissait, plus je constatais qu’il n’y avait là aucune superficialité. Que des gens « normaux », comme moi, qui eux aussi avaient peut-être craint de n’être « pas assez » ou « trop ». Nous étions tous parfaits tels que nous étions, dans une harmonie apaisante où tout semblait en suspens. Le temps était au ralenti et je vivais chaque seconde comme une éternité.

Une amie et sa petite famille s’étaient jointes à nous, pour mon plus grand bonheur. À table : 7 adultes, 3 ados et une mini princesse de 4 ans.

Je pourrais vous dire que la décoration était super, que la nourriture était exquise, mais tous les goûts sont dans la nature et la réputation de Jérôme Ferrer n’est plus à faire. Non. Ce que j’ai envie de vous partager est autre.

Premièrement et à ma plus grande surprise, Jérôme Ferrer était sur place, et ce, dès notre arrivée.  Il aurait pu être ailleurs, à son restaurant, à servir des gens connus ou à profiter de la vie, mais il était là à servir des gens « normaux », dont une princesse de 4 ans et 3 ados.  Était-ce un hasard si nous avions la table no 1, juste à côté de la porte de la cuisine? Je ne crois pas.

J’étais fascinée de voir toute l’équipe à l’œuvre pour nous offrir une expérience inoubliable. Chacun sortait de la cuisine un après l’autre, leurs actions étant coordonnées de près par Jérôme Ferrer lui-même, qui se tenait dans la porte, regard extrêmement attentif et sérieux, mais non sévère. J’avais l’impression de voir une symphonie non musicale, mais culinaire, le tout orchestré par le directeur événementiel et d’autres membres du personnel, si je puis les nommer ainsi. Je regardais cette valse attentivement, sourire aux lèvres, si bien qu’un des membres de l’équipe, qui devait être un chef ou directeur, l’a remarqué et m’a demandé sur un ton joyeux : « Tout se passe bien madame? »

Oui! Tout se passait très bien. Nous avons été servis comme des rois et des reines, certes parce qu’il se devait d’en être ainsi, mais surtout parce que nous étions pour moi, des humains parmi des humains. Je me suis sentie bien en étant « moi » et jamais au cours de cette soirée, je n’ai eu l’impression qu’une personne était supérieure ou inférieure à une autre. Je nous sentais tous sur le même pied d’égalité. J’ai vu des gens heureux, passionnés, soucieux d’offrir une expérience hors pair. J’ai vu un « serveur » au cœur d’or, s’agenouiller devant une petite fille de 4 ans pour lui apporter sur un plateau, un jus en boîte. Jérôme Ferrer a pris le temps de venir saluer les convives à chaque table et leur demander s’ils avaient apprécié le repas. Ces choses-là ne se décrivent pas, elles se vivent et qui plus est, elles se vivent avec le cœur. Le mien était grand ouvert, ce soir de 1er juillet.

Dans ce monde actuel dans lequel nous nous étourdissons sans cesse et de plus en plus, nous ne sommes plus présents à ce qui nous entoure. Nous ne sommes même plus présents à nous-mêmes. Comment est-il alors possible de voir cette beauté qui se trouve en nous comme autour de nous? De vivre de telles expériences d’une manière aussi pure?

Était-ce la réalité? Étaient-ils vraiment heureux ces gens ou n’étaient-ce là que des apparences? Qu’une perception que j’avais? Je ne sais pas. Ce que je sais par contre, c’est que c’était la réalité de mon expérience et que si j’ai pu la vivre pleinement, c’est que je me suis trouvée momentanément dans cet espace neutre en moi, où la compassion prime et le jugement n’existe pas, où les yeux voient au-delà de ce qui est visible et où la beauté du monde prend tout son sens.

Les feux d’artifice n’auront été qu’une magnifique traduction visuelle de cette expérience humaine, nous offrant des explosions de poudre de magie colorée et dorée, parsemant le ciel d’une lumière grandiose, illuminant mes yeux et faisant déborder mon cœur d’une joie profonde. Comme si la vie eut voulu nous témoigner sa gratitude pour avoir reconnu sa splendeur, elle attendit la fin du spectacle pour laisser s’abattre sur nos têtes un torrent de pluie tiède. Complètement détrempés, nous sommes revenus au belvédère, où nous attendait une orgie de desserts pour tous les goûts. Jujubes, meringues, macarons, barbe à papa, réglisse et j’en passe! Jérôme Ferrer était encore là, toujours à l’œuvre, à l’affût derrière le bar à confiseries.

La soirée s’est terminée par une prestation inattendue oh combien désopilante de « nos 3 ados » sur la piste de danse, eux aussi charmés par cette soirée de liberté, de plaisir et de beauté. Quant à moi, probablement trop intensément éprouvée par cette expérience unique et intérieure, je me suis littéralement évanouie dans les bras de Morphée, aussitôt assise dans la voiture. Mon amoureux ne m’avait jamais vue aussi vidée, mais j’étais curieusement tellement remplie!

Ce que j’aurais envie de vous dire en terminant, c’est que je n’avais jamais vraiment saisi avant ce soir-là, le sens véritable de « vivre le moment présent ». On nous dit d’être dans l’ici et maintenant et non dans le passé ou le futur. Cette expression sonne faux pour moi, car j’ai l’impression de devoir me forcer à être dans le présent, un peu comme si je devais toujours me ramener, alors que ça devrait être naturel. J’ai pris conscience que le moment présent est en fait la qualité de présence que nous avons avec nous-mêmes d’abord, et que nous pouvons ensuite partager avec les gens autour de nous, en état présent pour eux. La magie qui se crée, lors d’un seul échange de regard de compassion par exemple, peut avoir un impact considérable dans une vie. Elle va droit au cœur et s’y loge pour toujours.

Je nous invite donc dès maintenant, à voir la vie avec les yeux du cœur. À voir la perfection à travers l’imperfection, la beauté à travers la laideur, l’opportunité au travers le malheur. Je nous invite vers la gratitude au lieu de la critique. Dans cet espace neutre qu’est la compassion, envers soi, les situations et les autres, la lutte n’est pas nécessaire pour se retrouver dans le présent. Tout se fait tout seul, de manière fluide et sans effort.

N’est-ce pas là une magnifique façon de nous offrir l’expérience même de la vie?